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Convention de Rotterdam

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ROTTERDAM

C’est le 10 septembre 1998 à Rotterdam (Pays-Bas) que 165 pays ont adopté la Convention de Rotterdam. Pour être mise en vigueur, 50 pays devaient l’adopter et en être signataires, ce qui est le cas depuis le 24 février 2004. Administrée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), elle vise à encourager le partage des responsabilités et la coopération entre les Parties dans le domaine du commerce international de certains produits chimiques très dangereux, afin de protéger la santé des personnes et l’environnement contre des dommages éventuels.

L’Article 2 de la Convention est clair à ce sujet.
« Produit chimique » s’entend d’une substance, soit présente isolément, soit dans un mélange ou une préparation, qu’elle soit tirée de la nature, à l’exclusion de tout organisme vivant. Cette définition recouvre les catégories suivantes : pesticides (y compris les préparations pesticides extrêmement dangereuses) et certains produits chimiques industriels.

Cette convention vise donc le commerce des pesticides et les produits chimiques industriels qui ont été soit interdits, soit strictement réglementés par les Parties. Une des principales dispositions contenues dans la Convention est l’inclusion d’une obligation d’informer les autres Parties de toute décision nationale visant à interdire ou réglementer strictement un produit et l’obligation pour une Partie qui prévoit exporter, d’informer la Partie importatrice que cette exportation aura lieu, avant la première expédition et ensuite chaque année. Il faut donc obtenir formellement la permission d’exporter vers un pays et cela oblige également la Partie exportatrice à veiller à ce qu’une fiche de sécurité soit envoyée à l’importateur et à des obligations d’étiquetage pour toute exportation.

 HAUT

La Convention dans son ensemble crée des obligations juridiques très contraignantes aux fins de l’application de la procédure de consentement préalable en connaissance de cause (PIC) « Prior Informed Consent ».

Il y a présentement 31 notifications de produits pour examen, soit : 21 pesticides, 5 préparations pesticides extrêmement dangereuses et 5 produits chimiques industriels dont les différents types de fibres d’amiante – incluant le chrysotile – à l’exclusion de la crocidolite déjà interdite par la Convention depuis ses débuts.

Pour bien situer la problématique, il faut comprendre qu’un produit soumis à la procédure PIC doit d’abord franchir l’étape du document d’orientation de décision (DGD) qui contient des renseignements sur le produit considéré et indique les décisions réglementaires qui ont été prises en vue de l’interdire ou de le réglementer strictement. Depuis que le chrysotile a été proposé pour être ajouté à la liste des produits soumis à la procédure PIC, le DGD a été distribué à tous les pays importateurs et ces derniers ont neuf mois pour répondre et faire connaître leur décision. On peut alors autoriser l’importation du produit, permettre l’importation sous réserve de l’application de certaines conditions obligatoirement très sévères ou simplement refuser le produit.

 HAUT

On doit donc obtenir formellement la permission d’exporter vers un pays un produit visé par la procédure PIC de la Convention de Rotterdam.

Devant les dangers évidents scientifiquement bien documentés de ces pesticides et produits chimiques visés, nous comprenons très bien les préoccupations qui ont mené à la Convention de Rotterdam. Les pays participants se sont bien assurés qu’un des critères centraux consiste à démontrer qu’une mesure de réglementation a été prise après une évaluation des risques, en s’appuyant sur une analyse de données scientifiques effectuée en tenant compte du contexte du pays concerné. L’objectif de la Convention est de contribuer à l’utilisation écologiquement rationnelle de produits chimiques et de pesticides dangereux.

C’est en 2002 que l’Union européenne et le Chili ont exigé que le DGD recommande l’inclusion de la fibre chrysotile dans la liste des produits devant être soumis à la procédure PIC de la Convention de Rotterdam. Le Canada a adhéré à la Convention et s’est joint au groupe de révision. Il lui est donc loisible, à tous les stades de la préparation, d’examiner les dossiers, d’apporter ses commentaires et, le cas échéant, de faire connaître ses objections à toute exclusion ou à toute inclusion d’un produit à la procédure PIC.

Nous savons que l’Union européenne a opté pour le bannissement de l’usage de la fibre chrysotile et que le Chili a emprunté la même voie. Même si les données et les études scientifiques ne supportent pas une telle décision, il s’agit là d’une réalité. Cela ne devrait pas pour autant nous obliger à nous laisser séduire par une telle approche. D’ailleurs leur démarche d’inclure le chrysotile à la procédure PIC vise toujours le même but : faire bannir globalement le chrysotile au profit de produits et de fibres industrielles de remplacement dont ces pays sont les grands fournisseurs. Il est évident que des intérêts économiques sont en jeu dans ce dossier. Il n’y a donc aucune gêne pour le Canada de défendre ses intérêts économiques et ses emplois. Cela est aussi vrai pour n’importe quel pays.

 HAUT

L’inclusion du chrysotile est inappropriée, injuste et discriminatoire. Le Canada doit s’en rendre compte et réagir rapidement.

Inappropriée parce qu’il est généralement reconnu que la fibre chrysotile peut être utilisée de façon sécuritaire et responsable. La politique de l’usage sécuritaire qui est celle du gouvernement du Canada et du Québec a fait ses preuves. Cette politique en place depuis le début des années 1980, le Canada l’a toujours supportée et en a fait la promotion ici et ailleurs dans le monde. Pour ce faire, le Canada en collaboration avec le Québec, les syndicats et l’industrie ont mis sur pied l’Institut du chrysotile en prenant l’engagement de soutenir l’usage contrôlé et sécuritaire de la fibre chrysotile, et se sont donné les moyens d’en faire la promotion à l’échelle internationale.

Nos gouvernements se sont aussi donné les outils qui allaient permettre de rétablir les faits concernant les dangers inhérents aux différents types de la famille des amiantes. Il a ainsi été possible de colliger de solides données appuyées par des études sérieuses pour établir des bases de comparaison toxicologique, technique et économique avec les autres fibres qu’on retrouve actuellement sur le marché.

Nous avons eu la volonté de protéger la santé des travailleurs et pour ce faire, nous avons apporté et fourni à la communauté internationale une expertise. Nous avons appuyé sans équivoque l’interdiction de l’usage de certains types de fibres de la famille des amiantes, les amphiboles, dans notre pays et ailleurs. C’est aujourd’hui chose faite, car le chrysotile est maintenant le seul type de fibre de la famille des amiantes qui soit commercialisé.

 HAUT

Des efforts considérables ont été consacrés par l’Institut du chrysotile, appuyé par nos gouvernements, les syndicats et l’industrie pour que partout on adopte l’approche de l’utilisation contrôlée et responsable ainsi que pour façonner et fournir aux pays utilisateurs les méthodes de travail appropriées et les précautions nécessaires les plus efficaces, afin d’assurer la sécurité, la santé et la protection de l’intégrité physique des personnes.

Nous avons accompagné l’industrie du chrysotile qui, à travers les années, est devenue un fournisseur exemplaire en matière de prévention, de sécurité et de contrôle. Il n’y a pas beaucoup d’autres pays ni d’industries offrant des produits ou des substances potentiellement dangereux à avoir dégagé autant de ressources et à avoir lutté contre les risques potentiels liés à un produit. Nous en sommes l’exception et en sommes fiers. Si aujourd’hui les pays utilisateurs ont à leur disposition des outils comme la Convention internationale 162 adoptée à l’unanimité en 1986, par plus de 140 pays, et si le portrait international dans les pays utilisateurs s’est transformé, c’est parce que nous avons été fidèles à la mission que nous nous sommes imposée au départ.

Nous avons lutté contre le bannissement global injustifié et irrationnel du chrysotile et nous avons eu raison. Nous avons condamné les arguments excessifs et par des efforts en recherche et des analyses sérieuses, malgré les limites de nos ressources, nous avons été à même d’annoncer des résultats révélateurs que nous avons diffusés ici chez nous et un peu partout dans le monde.

 HAUT

Ces démarches ont permis de contribuer à améliorer les conditions de travail et à maintenir des emplois. Par la recherche et le développement sur les fibres, par la promotion de l’usage responsable à l’échelle internationale, par la coopération technique, par des activités d’information et de formation, par des programmes de surveillance et de contrôle dans plus de 60 pays dans le monde, nous avons été en mesure de venir en aide à des dizaines de gouvernements, entreprises et syndicats désireux de mettre en place des réglementations et des moyens concrets pour protéger la santé des travailleurs et des populations.

Injuste parce que la liste soumise à la procédure PIC est composée majoritairement de produits chimiques interdits ou en voie de l’être et par des pesticides reconnus comme étant extrêmement dangereux pour la santé publique et l’environnement. Aucun de ces produits, comme c’est le cas pour le chrysotile, n’est encadré par une convention internationale ayant une portée aussi exigeante que la Convention internationale 162. Il n’existe pas non plus pour ces produits, une ou des politiques d’usage responsable et sécuritaire qui exigent des producteurs et des consommateurs que la sécurité des personnes soit assurée.

En scrutant de près les textes, force nous est de constater que la Convention de Rotterdam a été conçue et voulue pour gérer un commerce anarchique des pesticides et des produits chimiques extrêmement dangereux et ayant un impact certain et sérieux sur l’environnement. La Convention vise donc à les interdire ou à les réglementer strictement pour des raisons de santé en général ou la protection de l’environnement. La Convention ne vise donc pas la protection de la santé en milieu de travail. Or le chrysotile n’a jamais été une menace pour l’environnement comme il est indiqué dans la Convention internationale de l’OIT 162, les risques associés à son utilisation sont limités au milieu de travail.

Contrairement aux pesticides et produits chimiques visés, son usage est strictement réglementé et la politique de l’usage responsable appuyée par le Canada et le Québec n’est d’aucune façon comparable. Le commerce et l’utilisation sont bien encadrés et loin d’être anarchiques. Ils sont effectués de façon sécuritaire et responsable expressément dans le but de protéger la santé et l’intégrité physique des personnes. C’est une question qui relève de la santé au travail et la politique de l’usage responsable vise exactement cela. Ce double traitement qu’impose la procédure PIC au chrysotile favorise injustement les produits qui tentent de percer un marché dans lequel le chrysotile leur est un obstacle de taille.

 HAUT

La fibre chrysotile est présente dans l’atmosphère depuis la création de la planète, car elle se retrouve à fleur de terre sur tous les continents. Le niveau de poussière respirable est faible au point où il ne représente aucun danger pour les humains. Il en est de même pour l’environnement. Dans nos milieux de travail, le niveau d’empoussiérage a été tellement réduit que cela ne crée pas de risque plus élevé et généralement moins que celui qu’on retrouve dans l’industrie chimique en particulier. En fait, le niveau de risque est dans bien des cas nettement inférieur.

Si on prend comme exemple la silice, on la retrouve partout dans l’environnement et aussi en milieu de travail. La présence excessive de la silice a été et demeure désastreuse pour les travailleurs qui y sont exposés. Des contrôles sévères ont dû être mis en place, au cours des années, en milieu de travail. La silicose est à l’origine de maladies pulmonaires et cause de nombreux décès; pourtant elle n’a pas été proposée pour faire partie de la liste PIC, car la réponse à ce problème se retrouve par une intervention en milieu de travail. Tout comme pour la fibre chrysotile, l’usage et les méthodes appropriées de contrôle sont la réponse évidente car c’est une question de santé au travail.

Le Canada ne doit pas tomber dans le piège que lui ont tendu l’Europe communautaire et le Chili qui, rappelons-le, mènent une campagne internationale des plus féroces contre le chrysotile, pour évidemment s’assurer un marché intéressant ainsi que la protection des emplois dans leurs usines florissantes des produits et des fibres de remplacement. C’est de bonne guerre diront certains, mais il s’agit d’une guerre commerciale qui malheureusement n’est pas axée sur la protection de la sécurité et de la santé comme on le laisse entendre. Les chauds frissons de la solidarité, même lorsqu’il est question de santé, ont vite atteint leurs limites surtout dans le domaine commercial.

Il est urgent de mettre les choses dans une perspective plus rationnelle dans le dossier du chrysotile. Par analogie et à la limite d’un tel raisonnement, si on veut assurer la protection de la santé et de l’environnement, alors pourquoi ne pas inclure dans la liste des produits visés par le PIC les 884 produits classés par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC ou IARC) comme produits cancérigènes, probables ou possibles, ainsi que les fibres et produits de substitution au chrysotile qui sont reconnus comme produits à risque. Bien sûr, une telle approche apporterait un grand basculement au commerce international et pourrait aller jusqu’au ridicule. De là l’importance d’agir avec discernement, prudence et vision quand vient le temps d’appliquer la Convention de Rotterdam.

 HAUT

Les fibres et les produits de remplacement doivent être placés sous haute surveillance.

Le 17 décembre 2002, le Comité scientifique sur la toxicologie, l’écotoxicité et l’environnement (CSTEE) de l’Union européenne a publié une opinion sur les risques pour la santé humaine associés au chrysotile et aux substituts organiques. Cette opinion fait suite à une obligation encadrée dans la directive adoptée par la Commission européenne en 1999 qui prévoit que la Commission a l’obligation de demander au CSTEE « d’entreprendre l’examen de toute donnée scientifique nouvelle concernant les risques sanitaires liés à l’amiante chrysotile et à ses substituts avant le 12 janvier 2003; que cet examen tiendra également compte des autres aspects de la présente directive en particulier des dérogations, à la lumière du progrès technique; que si nécessaire, la Commission proposera les modifications appropriées de la législation ».

Le CSTEE a déjà émis à deux reprises des « opinions » sur ce sujet : la première, le 9 février 1998, se rapportant à une étude réalisée par l’Environmental Resource Management, et la seconde, le 15 septembre 1998.

Le CSTEE indique que : « Sur la base des données disponibles, est-ce que l’une des fibres de remplacement suivantes pose un risque pour la santé humaine équivalent ou supérieur à l’amiante chrysotile? ». De plus, il nous indique que dans le cas des fibres de cellulose, de PVA et de fibres para-aramides, une attention particulière devrait être apportée à l’égard du risque auquel s’exposent les travailleurs.

 HAUT

Se basant sur le peu de données existantes, le CSTEE recommande fortement la réalisation d’études toxicologiques et épidémiologiques sur ces fibres de remplacement, de même que sur la technologie visant le développement de fibres de remplacement. Dans le cas de la cellulose, il va jusqu’à ajouter que cette fibre « is a matter of concern », ce qui est peu dire.

Plus récemment, deux études ont été publiées sur la biopersistance dans la revue Inhalation Toxicology, revue qui jouit dans le milieu scientifique d’une solide réputation. Ces études portent sur la fibre chrysotile du Canada et sur la fibre chrysotile de Calidria en Californie. Ces deux études démontrent clairement la plus grande biopersistance (durabilité dans les poumons) et donc la plus grande dangerosité par rapport au chrysotile, de fibres comme la cellulose, la fibre aramide, la fibre de céramique réfractaire (RCF), lesquelles remplacent de plus en plus le chrysotile sous prétexte qu’elles seraient moins nocives pour la santé.

Ces études accompagnées par d’autres qui ont été effectuées dans le passé confirment hors de tout doute :

  • que le chrysotile peut être utilisé de façon sécuritaire et responsable;
  • qu’il existe une énorme différence entre le chrysotile et les amphiboles;
  • qu’il est urgent que des études plus poussées soient entreprises pour mieux saisir la dangerosité des fibres industrielles de remplacement;
  • qu’il n’a jamais été prouvé que les produits et les fibres de remplacement soient plus sécuritaires que le chrysotile en matière de protection des travailleurs et de risque pour leur santé.

 HAUT

Discriminatoire parce que la proposition de l’Europe et du Chili recommande que le chrysotile soit inclus à la liste, mais assez curieusement elle exclut toutes les autres fibres industrielles qu’on retrouve aujourd’hui sur le marché. On veut donc protéger ces fibres et produits de remplacement de toutes contraintes qu’impose la procédure PIC et isoler le chrysotile pour mieux le sortir du marché. On veut inclure le chrysotile à la liste PIC pour en rendre le commerce international extrêmement contraignant, permettant ainsi aux autres fibres et produits de remplacement de prendre toute la place, librement et sans aucune contrainte. Assez curieusement, les pays qui supportent cette proposition sont de grands exportateurs de ces produits de remplacement. Évidemment les autres fibres ainsi exclues de la procédure PIC seraient protégées contre une avalanche de complications commerciales qu’on souhaite imposer au chrysotile. Cela est nettement discriminatoire et d’inspiration fort douteuse car aucun support ne justifie une telle entorse aux règles du marché qui ont généralement cours dans le monde d’aujourd’hui.

Malgré le fait qu’il existe très peu d’études épidémiologiques sur les effets à long terme des fibres comme la cellulose, les para-aramides et autres fibres industrielles, l’Union européenne et le Chili visent uniquement et expressément le chrysotile dans leur demande. Cette position nous apparaît clairement plus politique que scientifique et sert nécessairement à maintenir un climat le plus anti-chrysotile possible pour favoriser d’autres fibres dont, et c’est pourtant connu, leur innocuité n’a jamais été prouvée. Le fait que l’industrie du chrysotile et ses travailleurs aient fait leurs devoirs, reconnu le danger, minimisé les risques et pris les moyens pour assainir le milieu de travail de façon remarquable ne doit pas conduire à cette discrimination qui anéantira d’un coup tout leur travail.

Le constat que nous faisons, c’est qu’il s’agit d’une opération de diversion qui vise à faire oublier que les pays qui ont opté pour une approche contrôlée et qui, comme le Canada, ont manifesté une attitude responsable face aux pratiques du milieu de travail n’ont pas attendu que la Convention de Rotterdam soit mise sur pied. Cela fait depuis plus de 20 ans que la pratique et la politique d’usage responsable sont en place dans l’industrie du chrysotile. De plus cette fibre naturelle possède des propriétés qui sont exclusives et les produits de remplacement ne peuvent vraiment pas jouer le même rôle. En plus, il est peu dispendieux et c’est un produit naturel disponible, très durable, beaucoup moins énergivore et par le fait même bien accessible aux pays les moins favorisés. On veut tuer à la source toute commercialisation du chrysotile, parce que incapable de lui livrer une compétition efficace.

 HAUT

Toute approche qui nuit à la commercialisation du chrysotile de façon arbitraire et injuste, nuit aussi aux populations les plus pauvres qui ont d’urgents besoins en infrastructures pour améliorer leur qualité de vie.

Le Canada ne doit pas se laisser guider par le chantage que pratiquent les groupes qui lient de façon hargneuse et mensongère l’opposition à la réglementation du commerce du chrysotile par la procédure PIC à l’inconscience environnementale. Les pays qui ont opté pour une approche contrôlée contrairement à ceux qui ont simplement banni, ont surtout manifesté une attitude responsable face aux pratiques du milieu de travail douteuses qui avaient cours dans l’industrie du chrysotile par le passé. Le temps est révolu et on ne peut plus prétendre que dans ce dossier il n’y a pas de différence importante ni d’évolution réelle entre le passé et aujourd’hui.

Personne ici n’a jamais eu comme objectif de contester aveuglément les maladies liées aux utilisations et aux différents types de fibres de la famille de l’amiante utilisés dans les années 1940, 1950 et 1960, pas plus que d’avoir jamais prétendu que le chrysotile est inoffensif. Mais nous refusons carrément d’accepter de voir les problèmes du passé (comme on nous le suggère) attribués à la situation actuelle, sans nuance et sans rigueur dans l’analyse et l’argumentation. Les « pro-inclusion » du chrysotile à la procédure PIC nous présentent trop d’arguments remplis de demi-vérités et d’omissions. On va même jusqu’à laisser entendre que c’est chose faite. Une question de formalité quoi! Même la FAO emboîte le pas dans son communiqué du 24 février 2004, annonçant l’inclusion définitive du chrysotile à la liste PIC. Si cela n’est pas une insulte envers nous tous, comment alors peut-on qualifier un tel comportement de la FAO qui a pourtant la responsabilité d’administrer honnêtement et sans parti pris la Convention de Rotterdam (on ne peut pas dire qu’on n’est pas bien servi). Ci-joint vous trouverez copie du communiqué de la FAO.

Trop souvent les demi-vérités et la mauvaise foi ont été à l’ordre du jour dans le dossier du chrysotile. Il est grand temps de réagir et de dénoncer cela. Dans ce dossier, la vérité c’est que « le chrysotile » est aujourd’hui utilisé dans des produits à haute densité où la fibre est emprisonnée dans une matrice. Le chrysotile n’est plus floqué ni utilisé dans les produits friables. Des lois et des règlements des plus sévères ont été mis en place pour s’en assurer et c’est ce qui se passe.

 HAUT

Pour nous, il s’agit d’un enjeu de taille qui s’appelle l’équité. Il ne faut plus se laisser tromper par les hauts cris et les manchettes incendiaires ou sensationnalistes. Il est important de rétablir les faits et de s’assurer que le gros bons sens ait encore droit de cité. Il faut que cessent la confusion et les campagnes de peur. Nous possédons maintenant des études pertinentes qui démontrent qu’on peut et qu’on utilise le chrysotile de façon sécuritaire et cela grâce à la détermination des syndicats et des industries qui, avec l’appui de nos gouvernements, s’assurent que les pays utilisateurs prennent leurs responsabilités afin de protéger la santé des personnes.

Nous savons qu’il est raisonnable et responsable de conserver une industrie qui offre des emplois de qualité et qui offre également à ses ouvriers et aux populations des conditions de travail et de vie aussi sécuritaires, sinon plus, que beaucoup d’autres types d’industries, en particulier celle des produits chimiques et des pesticides. Il s’agit d’emplois, d’emplois de Canadiens et de Québécois, des jobs de notre monde, de l’économie de nos régions et de la survie d’une industrie. La survie d’une industrie aux pratiques assainies qui a pris ses responsabilités au cours des années. Nos représentants à la discussion de Genève en septembre 2004, ne doivent pas hésiter cette fois-ci. La bonne décision doit être prise et ils doivent s’opposer clairement à l’inclusion du chrysotile à cette convention.

 HAUT

Le chômage ou bien des emplois décents et sécuritaires pour des centaines de travailleurs dans l’industrie du chrysotile, c’est vraiment cela qui est en cause.

Nous pensons que vous conviendrez avec nous qu’il n’est pas exagéré d’exiger des pays comme ceux de l’Europe ou du Chili, d’accepter de bonne foi la décision de ceux qui, comme le Canada, optent pour l’usage contrôlé et responsable du chrysotile. Les pays qui, démocratiquement et en toute connaissance de cause, ont décidé d’adopter la politique de faire la promotion de l’usage contrôlé, ont le droit d’agir ainsi sans être constamment jugés et harcelés par ceux qui ont décidé le bannissement. Le respect doit exister et s’exercer de part et d’autre. Le temps est venu pour certains pays de faire preuve d’un peu plus de rationalité dans ce dossier. Si les ennemis du chrysotile exigent qu’on les respecte dans leur décision, nous sommes en droit d’en exiger la contrepartie également.

Plusieurs pays sont d’accord avec nous pour que le chrysotile soit exclu de la procédure PIC de la Convention de Rotterdam et sont désireux de l’indiquer en votant contre cette proposition à la réunion de septembre 2004 à Genève qui, cette fois-ci, doit être définitivement rejetée.

Inutile de rappeler l’importance cruciale que revêt une telle décision pour l’industrie du chrysotile, ses travailleurs, les régions qui en dépendent et l’économie du Québec et du pays.

Enfin, nous trouvons d’importance capitale et fort appropriée la demande que vient de loger le groupe de la Convention de Rotterdam pour une revue scientifique des produits et des fibres de remplacement auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette requête ne doit pas passer sous silence ni être traitée à la légère. Cette demande à l’OMS démontre jusqu’à quel point ce dossier est mal foutu, rempli d’incohérences et d’improvisation.

 HAUT

Il n’y a pas selon nous de raisons valables qui justifient pour la protection de la santé des personnes et la protection de l’environnement, l’obligation d’inclure la fibre chrysotile à la liste des produits visés par la Convention de Rotterdam et soumettre cette fibre à la procédure PIC. Le chrysotile doit en être exclu et d’aucune manière ne peut être comparé à des pesticides ou à des produits chimiques extrêmement dangereux qui sont soit interdits ou très sévèrement réglementés, pas plus qu’on ne peut le comparer aux amphiboles qui sont interdites du marché international depuis plus de deux décennies.

En terminant, soyons précis au sujet de l’Institut du chrysotile. Le mandat donné par les gouvernements du Canada et du Québec n’est pas de faire la promotion de l’usage de l’amiante et cela est connu et public. Notre mandat est de faire la promotion de l’usage responsable et sécuritaire du chrysotile. Il y a là toute une différence. C’est évident que certaines personnes et certains groupes s’efforcent constamment et de façon malicieuse d’enterrer à travers une information biaisée et inexacte la vérité à ce sujet. Sous le sceau de la santé et de la protection des personnes, on utilise évidemment l’histoire du passé de l’amiante (toutes fibres confondues), erreur qui est dramatique et lourde de conséquences. En même temps, on s’assure de ne jamais expliquer les raisons d’une telle situation qui est justement celle du passé et désormais révolue. Cela, il ne faut pas le dire et encore moins le répéter, même s’il s’agit d’une bonne nouvelle.

 HAUT


Voir aussi...

The Asbestos dilemma: I. Assessement of risk
The Asbestos dilemma: II. The ban