Nous joindreF.A.Q.LiensNouvellesÀ propos de l'Institut EnglishEspañol  

La vermiculite >>
Convention de Rotterdam >>

Position des syndicats

Version imprimable

vous êtes ici: Utilisation responsable du chrysotile / Position des syndicats

Les syndicats et le chrysotile

- Il est inadmissible qu’un travailleur perde sa vie à la gagner.

La Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) sont les trois grandes formations syndicales québécoises. Au sein de ces formations sont regroupés la majorité des travailleurs et salariés du Québec, dont les mineurs de chrysotile.

Le mouvement syndical québécois œuvre en permanence afin d’assurer une meilleure protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. Pour se faire, il mise sur les points suivants :

  • Adapter le milieu et les pratiques de travail aux besoins vitaux des travailleurs, et non l’inverses;
  • Accorder une priorité absolue aux pratiques préventives des maladies et des accidents du travail;
  • Pratiquer la prévention à la source même des dangers.

 HAUT

Des positions syndicales claires

Il faut bannir les modes dangereux de travail et d’utilisation, et tenir compte du contexte d’usage des substances toxiques?

Étant donné qu’aucune étude n’a démontré ni même suggéré que les produits à haute densité et non friables de chrysotile comportent un risque pour le public;

Étant donné que les «nouveaux» cas d’amiantose, de cancer pulmonaire ou de mésothéliome ont pour cause des pratiques et des conditions de travail vieilles de 20 à 40 ans et abandonnées depuis longtemps;

Étant donné la nécessité de prendre en charge le problème des bâtiments et des structures touchés par les pratiques de flocage à l’amiante du passé;

Le mouvement syndical du Québec considère que le bannissement de l’amiante, sans tenir compte du contexte d’usage, constitue une démarche inacceptable qui ne protège en rien la santé publique et ne règle aucunement les problèmes du passé.

 HAUT

Il faut assujettir les produits de remplacement aux mêmes termes d’encadrement réglementaire que l’amiante, à défaut de preuves d’innocuité sanitaire et environnementale?

Le mouvement syndical du Québec considère que c’est une fuite en avant, à la fois dangereuse et irresponsable, que de bannir toute forme d’utilisation du chrysotile sans égard au contexte d’usage en faveur de substances de remplacement peu réglementées.

Leur caractère non dangereux aux plans sanitaire et environnemental est loin d’être établi. Une fuite dangereuse, car elle conduit à un sentiment de fausse sécurité auprès des travailleurs et du public en contact avec ces substances à tous les jours. Comme si le simple fait de remplacer le chrysotile constituait automatiquement une garantie de sécurité. Une fuite irresponsable parce qu’elle impose à tous, et aux pays en voie de développement en particulier, des coûts supplémentaires découlant du remplacement du chrysociment par d’autres substances, sans aucun avantage identifiable sur les plans sanitaire et écologique.

Il faut faire appliquer au chrysotile le principe de la responsabilité totale?

Aujourd’hui, le principe de la responsabilité totale des entreprises à l’égard des produits qu’elles mettent en marché est largement admis dans les pratiques industrielles et réglementaires et ce, tout au long du cycle de vie de ces derniers.

Pour le mouvement syndical du Québec, la production et l’exportation du chrysotile doivent être régies par le même principe. Cela signifie que les producteurs s’engagent à assurer la sécurité des conditions de manipulation et de fabrication des produits à base de chrysotile, tant dans les entreprises de transformation que dans les pays importateurs de ce minerai.

 HAUT

Une fibre d’histoire

Dans leur document intitulé «Le mouvement syndical du Québec et la question de l’amiante», les centrales syndicales écrivent ce qui suit en regard de l’amiante :

L’amiante est une substance naturelle qui se trouve sur près des deux tiers de la croûte terrestre. De ce fait, peu de régions de la planète en sont exemptes. Selon une étude de la Commission des communautés européennes sur la présence dans l’air des fibres d’amiante, les émissions de sources naturelles sont probablement plus élevées que celles de sources industrielles.

Selon les régions, chaque personne respire probablement de 10 000 à 15 000 fibres d’amiante par jour et boit de l’eau contenant de 200 000 à 2 000 000 de fibres par litre et ce, indépendamment de toute activité industrielle. Dans les régions d’extraction de l’amiante du Québec, le taux est de 170 millions de fibres par litre d’eau potable.

 HAUT

Deux grèves majeures

Les pages les plus marquantes de l’histoire du mouvement ouvrier de ce pays se sont écrites précisément autour des conditions de travail dans la région de L’Amiante, ce dont témoigne la grève de 1949. Cette grève sans précédent représenta un tournant majeur pour le mouvement syndical, pour le bien-être des travailleurs et travailleuses, ainsi que pour la démocratisation de la société québécoise en général.

L’autre grève majeure dans l’histoire du chrysotile a été celle de 1975. À la suite d’une grève de huit mois, impliquant 3 000 mineurs, le Québec a assisté à l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation qui régit encore aujourd’hui l’industrie du chrysotile. Cette réglementation balise les modes d’utilisation du chrysotile et interdit toute forme de flocage. En ce qui a trait aux déflocages, une nouvelle réglementation viendra encadrer ce type de travaux et interdira définitivement l’utilisation des amphiboles.

La nécessité de contrôler l’exposition au chrysotile n’a pas seulement eu lieu au Québec, mais également dans le monde entier. Les points qui suivent témoignent de l’effort du mouvement syndical québécois pour corriger les erreurs du passé :

  • La mise en place de systèmes de transfert d’informations et de technologies de contrôle vers les pays utilisateurs;
  • L’adoption de principes et la signature de contrats d’utilisation responsable.

Notons également l’adoption par l’Organisation international du travail (OIT) de la Convention 162 concernant la sécurité dans l’utilisation de l’amiante, du chrysotile. Cette convention a été adoptée en 1986.

Donc, depuis cette grève de 1975, l’industrie du chrysotile consacre désormais plus de 90 % de sa production à des produits denses et non friables comme le chrysociment et les revêtements bitumineux. Il s’agit de produits où les fibres se trouvent immobilisées (souvent dites encapsulées) dans des matrices cimentaires ou synthétiques durables.

L’introduction de dispositifs efficaces de dépoussiérage et de confinement ont aussi véritablement changé les conditions d’exposition aux fibres dans les mines d’amiante et dans les régions d’extraction. Ainsi, d’un taux moyen de 16 fibres par millilitre d’air en 1973, la concentration des fibres dans les mines du Québec a chuté vers une fibre par millilitre d’air en 1990, pour finalement atteindre une valeur moyenne de 0,4 fibre par millilitre d’air en 1995.

L’assainissement des conditions de production et d’exploitation de l’amiante chrysotile constitue un objectif que le mouvement syndical poursuit depuis fort longtemps par le biais de plusieurs moyens :

  • Une meilleure organisation et formation des travailleurs;
  • Une sensibilisation continuelle de l’opinion publique quant aux conditions de travail dans les mines;
  • Des pressions soutenues en vue d’infléchir la conduite réglementaire de l’État en matière de santé et de sécurité au travail dans un sens favorable à la prévention;
  • La coopération internationale en vue de l’adoption et de l’application de normes communes.

 HAUT

Conclusions syndicales

Aujourd’hui, le chrysotile peut donc être extrait et transformé dans des conditions qui ne comportent aucun danger pour les travailleurs. Il en va de même pour les produits de chrysotile à haute densité et qui sont non friables; ils ne comportent aucun danger pour la population et l’environnement.

On ne peut en dire autant des produits de remplacement qu’on sait dangereux et dont l’utilisation peut se révéler coûteuse sans pour autant présenter d’avantage sanitaire ou écologique.

C’est pourquoi le mouvement syndical québécois s’oppose à un bannissement aveugle et total du chrysotile.

Au Québec, pays producteur de chrysotile depuis des décennies, les travailleurs ont appris à extraire et à manipuler ledit minerai de façon sécuritaire. Ils sont prêts à partager leur expérience avec leurs camarades des autres pays.

En lisant entre les lignes, on peut comprendre que la France et le Royaume-Uni, notamment, ont donné naissance à une grande controverse qui ne concerne que des fibres et des modes d’usage utilisés autrefois, jadis, naguère et qui sont, bien entendu, aujourd’hui interdits ou abandonnés.


Voir aussi...

International Program on Chemical Safety
Politique du Gouvernement du Québec
Convention de Rotterdam
Photoreportage - Fabrication et utilisation sécuritaire du chrysotile-ciment
Convention nº162 de l'OIT
Recommendation no 172 de l'OIT